![]()
![]()
MORLAIX AUTREFOIS Cette rubrique est le fruit d'une collaboration entre la mairie de Morlaix et K.L.T.
Bon voyage avec notre conteur et si le plaisir vous prend, vous pourrez participer aux visites guidées menées régulièrement par notre historien local. |
|
|
2 - Article paru dans Morlaix Magazine de Février 2006
|
![]() |
4 - Article paru dans Morlaix Magazine d’avril 2006 |
![]() |
5 - Article paru dans Morlaix Magazine de mai 2006 |
6 - Article paru dans le Morlaix Magazine de Septembre 2006 Et nous voici maintenant de l’autre côté du Jarlot, sur la place des Jacobins. Ce nom vient de l’église et du couvent qui se trouvent sur l’un des côtés de la place. L’église et le couvent furent édifiés entre 1238 et 1250 lorsque Pierre 1er, duc de Bretagne surnommé Pierre Mauclerc, fit don de son manoir et de ses vergers qui s’étendaient le long du Jarlot à la ville de Morlaix pour la construction d’un couvent de dominicains. Des moines de l’ordre de saint Dominique y vécurent donc jusqu’en 1481 où une congrégation de jacobins hollandais vint y prendre leur place. C’est aussi dans le couvent que l’on logeait les gens de qualité qui venaient à Morlaix, comme Anne de Bretagne en 1503 et Marie Stuart en 1548, et c’est encore dans celui-ci encore que furent assemblés à trois reprises les Etats de Bretagne : une première fois en 1557, une seconde fois en 1674 et une troisième en 1772. Il y avait dans le couvent une librairie remarquable remplie de livres précieux. Les gens lettrés et les savants de l’époque, comme l’hagiographe Albert Le Grand, venaient y étudier. |
|
Au moment de la Révolution, en 1792, le haut de l’église fut séparé du bas par un plancher, le haut devenant un entrepôt public pour le fourrage et le bas une écurie.
En 1870 l’église devint les halles aux grains. Elle fut également louée à la Compagnie des Tabacs de l’Orne pour entreposer du tabac. En 1874 on transféra la bibliothèque municipale dans la partie haute de l’église. Peu de temps après on y ouvrit un musée qui s’y trouve encore aujourd’hui. La vie dans le couvent cessa au moment de la Révolution et le bâtiment servit de caserne pendant quelques temps. Le couvent est le plus vieux monument de Morlaix. Il est classé monument historique depuis 1983. En 1895 on construisit des halles au milieu de la place pour y transporter le marché aux poissons qui se trouvait auparavant rue des Lavoirs. Autrefois, de l’autre côté de la place, se trouvait une rue flanquée de maisons de chaque côté. L’une d’entre-elles, une auberge nommée ‘Le Pélican Royal’, donna son nom à la rue qu’on appelait alors rue du Pélican. |
7 - Article paru dans Morlaix Magazine d'octobre 2006 Laissant derrière nous la place des Jacobins, nous continuons maintenant notre promenade le long du Jarlot. Autrefois il y avait des jardins et des vergers de chaque côté de la rivière : le jardin et le verger du couvent se trouvaient de notre côté tandis que le jardin et le verger du Prieuré se trouvaient en face, de l’autre côté. La rue de Paris n’existait pas encore à l’époque. C’est en 1857, lorsque le Ministère de la Guerre donna une partie des terrains et des bâtiments du couvent à la ville de Morlaix, que fut construite l’allée du Poan Ben avec ses lavoirs. D’où vient le nom de cette allée vous demandez vous ? Les Morlaisiens venaient nombreux autrefois, à la chapelle du couvent, prier Saint Avertin de les guérir de leurs maux de tête, car Saint Avertin est un saint guérisseur. C’est pour cette raison que fut donné le nom de Poan Ben à la place qui se trouvait à côté de la chapelle. On peut toujours voir une statue du saint dans l’église Saint Melaine. Une autre statue de lui, datant du XVIe siècle, se trouvait dans la chapelle située derrière l’église Saint Mathieu. Elle est actuellement à Quimper au musée de l’Evêché de Cornouaille. C’est en 1843 que furent édifiés, le long de l’allée, une école primaire pour les garçons, un collège, une école primaire pour les filles et une école maternelle mixte. Le pont qui enjambe le Jarlot pour rejoindre la rue de Paris fut, quant à lui, construit en 1845. Le collège est devenu le tribunal de Morlaix en 1894. L’école maternelle fut ravagée par un incendie en 1981. C’est maintenant la résidence médicalisée pour personnes âgées qui se dresse à sa place. En 1906, on construisit des bains publics, les “Bains Modernes”, au bord du Jarlot pour remplacer ceux qui se trouvaient auparavant à l’emplacement actuel du cinéma “Le Rialto”. Les “Bains Modernes” devinrent les “Bains-Douches” en 1934 jusqu’à leur fermeture en 1986. A l’extrémité de l’allée du Poan Ben, de l’autre côté de la route de Paris, se trouve la place René Cassin où l’on mettait le linge à sécher, d’où son nom breton Ar Sec’horeg, “Le Séchoir”. |
| 8 - Article paru dans Morlaix Magazine de Novembre 2006 Une fois terminée notre petite promenade du côté du couvent des Jacobins, revenons maintenant sur nos pas en direction de la rue de Paris dont les travaux commencèrent à la fin de l’année 1835. Au bout de la rue, se trouvait une butte, ‘dosenn’ en breton, qui donna son nom à la place du Dossen. La butte fut aplanie en 1834, année où furent abattues deux maisons pour permettre l’accès direct à la place des Halles. Le marché aux choux avait lieu sur cette place où l’on vendait également des fruits et de la bale pour les couettes. C’est pourquoi certains l’ont surnommée ‘la place aux Petits Légumes’. En contrebas, du côté de la Sonothèque, se trouvait un grand lavoir. Monsieur Boulineau tenait une auberge à l'emplacement de La Buvette du Dossen. Une partie de la place était occupée par l’auberge qui fut achetée puis démolie par la ville lors de travaux d’agrandissement. A l’époque, les Morlaisiens pouvaient voir la fumée s’échapper par la grande cheminée de la brasserie Boulineau située juste derrière. Le beau bâtiment de l’Hôtel de Provence, contigu à la Renaissance, était alors un des grands hôtels de Morlaix. L’écurie sous l’hôtel abritait les chevaux qui en sortaient par la rue de Paris. L’hôtel était une “bonne table”, où l’on servait de grands repas comprenant plus de vingt plats. Il était réputé et des gens de renom y séjournèrent, comme Jérôme Bonaparte le plus jeune frère de l’empereur, Napoléon III en1852, l’´ecrivain Alexandre Dumas en juillet 1869, et peut être aussi Prosper Mérimée. Tristan Corbière venait régulièrement dans l’établissement pour y faire bombance. |
| 9 - Article paru dans Morlaix Magazine de Décembre 2006 Maintenant la terre de Ploujean n’est qu’une partie de la commune de Morlaix. Cependant jusqu’au début du vingtième siècle Ploujean a été commune à elle seule. Mais déjà une partie de son territoire était considéré comme commune de Morlaix, par exemple le quartier de Troudousten et de Coatserho. Ces lieux cependant avaient des noms bretons (gardés même en français !). Ceci est facile à comprendre : selon une enquête faite en 1928 sur l’usage du breton dans les parroisses, Ploujean était “surtout breton et un peu français” en ce qui concerne les prônes et le cathéchisme. Ploujean était à cette époque une commune rurale, un petit bourg avec église (XV-XVI), une mairie et des commerçants comme tous les petits avec des villages où vivaient des agriculteurs. Il y avait aussi des manoirs à travers toute la paroisse. A côté de la voie express se trouve le manoir du Nec’hoat. Ce manoir avait été la propriété du Général Le Flô, né à Lesneven, ambassadeur en Russie et mort dans ce manoir (1804-1887). On trouve maintenant le Lycée agricole auprès du Manoir de Suscinio. (XVI-XVII). Cette demeure a été achetée durant la Révolution par Charles Cornic (1731-1809) marin réputé; il y vécut et y mourut. Autour des ruines du manoir de la Boissière on a réalisé un nouveau quartier, avec des maisons petites et grandes et une zone d’activité et de services. A côté de la chapelle de Sainte Geneviève, (Renaissance) se trouve le manoir de Kerozar, un lieu agréable. Au manoir de Coatcongar, aujourd’hui centre équestre, est né le célèbre poète Tristan Corbière (1845-1875) l’auteur des Amours Jaunes. Le manoir de Pennaru est maintenant entouré des maisons de Coatserho. Il a été le manoir de Nicolas Coatanlem, navigateur réputé. Dans ce manoir a été créée la première “manu”. Joseph Dupleix (1697-1763) y a vécu, son père étant le directeur de cette manufacture de tabacs. Ainsi le village de Troudousten s’est développé, les ouvriers y logeant. |
| 10 - Article paru dans Morlaix Magazine de Janvier 2007 Le Maréchal Foch (1851-1929), à qui on érigea un monument sur la place du bourg, venait l’été à son manoir de Trofeunteuniou. Celui-ci est occupé maintenant par une communauté de religieuses. Un autre manoir, le manoir de Keranrous, fut construit au bord de la rivière de Morlaix à la fin du XVIIIe siècle. C’est un lieu magnifique avec un grand parc. Le cours de la rivière, au fond du manoir, a été modifié pour faciliter le passage des bateaux, car autrefois Morlaix était l’un des ports les plus animés de Bretagne. Comme nous l’indiquions dans l’article précédant, Ploujean était une commune bretonnante. Ce fait est flagrant lorsque l’on en étudie les toponymes : Koad Serc’hoù (Le Bois des Amoureuses), Nec’hoad (Le Haut du Bois), ar Veuzid (La Boissière), Koad Kongar (Le Bois de Congar), Penn ar Ru (Le Bout de la Butte), et Trofeunteuniou (Le Val des Fontaines), Keranrous (Le Village de Le Roux). . . Cependant l’histoire de Ploujean ne se résume pas aux manoirs et à l’agriculture. Déjà avant la Grande Guerre, les Morlaisiens s’intéressaient aux avions. La première fête de l’aviation se tint en 1911 sur une partie de l’hippodrome. Cet emplacement fut utilisé pendant plusieurs années encore. Les premières études pour un vrai terrain d’aviation furent faites en 1931. Un terrain plat, entre le manoir de Trofeunteunioù et la route de Lannion, fut retenu. Après les travaux de réalisation qui eurent lieu entre 1933 et 1936, on procéda à son inauguration en grande pompe en 1939. En 1940, le terrain a été utilisé et agrandi par les Allemands. Le lieu est devenu maintenant l’aéroport de Morlaix avec la compagnie Brit Air et la zone de services. En 1954 Ploujean fut rattachée à Morlaix. Toutefois, bien souvent encore, le maire-adjoint de Ploujean est appelé ’Monsieur le Maire’ ou ’Madame le Maire’, puisque c’est une femme qui occupe la fonction maintenant. |
| 11 - Article paru dans Morlaix Magazine de Février 2007 Retournons maintenant à Morlaix. Nous voici devant la mairie sur la Place des Otages. Celle-ci fut un temps la plus grande place de Morlaix. Au XVe siècle, la place était une petite île triangulaire à l’extérieur de la ville close, entourée du Queffleuth d’un côté, du Jarlot de l’autre, et, derrière la mairie, du canal creusé entre les deux cours d’eau. Là où se trouve le kiosque aujourd’hui, les deux rivières se rejoignent pour former la Rivière de Morlaix : le Dossen. Le nom de la place à l’époque était la Place de l’Eperon. La petite île et ses rives étaient utilisées comme débarcadères où les gens prirent l’habitude de venir discuter de leurs affaires. Un pont, le pont Pichon, fut construit au-dessus du Jarlot au milieu du XVe siècle pour relier la Place des Otages à la Place du Four Saint-Melaine qu’on appelait à l’époque la Place au Lait. En 1728, les rivières furent recouvertes et la place pavée d’où le nom de Pavé Neuf qui lui fut donné alors. En se dirigeant vers le Viaduc on remarque le kiosque qui fut offert à la ville de Morlaix par Auguste Ropars, docteur en droit et président de la musique municipale. Quiconque sera attentif au kiosque remarquera la plaque apposée en 1973 en mémoire des otages de 1943. Le 25 janvier 1943, une grenade fut lancée depuis la rue Gambetta dans les “salons Quiviger” qui étaient, à l’époque, le ‘Soldatenheim’, le mess des soldats allemands. Plusieurs soldats furent blessés. Dès le lendemain 400 personnes furent arrêtées et rassemblées sur la place. 60 d’entres-elles furent envoyées au terrain d’aviation de Ploujean et de là au camp de la mort de Buchenwald. Seulement 27 d’entre elles revinrent vivantes de ce lieu effroyable et inhumain. En français, la place fut baptisée ‘Grand Place’ lorsqu’elle fut agrandie jusqu’au Viaduc, puis Place Thiers le 08 février 1883, et enfin Place des Otages le 26 décembre 1973 en souvenir de cet évènement tragique. |
| 12 - Article paru dans Morlaix Magazine de Mars 2007 Poursuivons maintenant notre visite un peu plus avant en direction de l’Office de Tourisme qui était la gare du petit train auparavant. Les travaux de construction de ses lignes de chemin de fer débutèrent en 1910. Elles furent mises en service en 1912 et leur exploitation cessa en 1934. Il y avait deux lignes alors: l’une, côté Léon, passait par le Quai Léon devant la Manu et le port, par Porz-an-Trez et de là montait jusqu’à la gare de Saint-Martin; l’autre, côté Trégor, longeait la Rivière de Morlaix, traversait le nouveau pont au Dourduff pour atteindre Plouezoc’h. Là se trouvait un embranchement d’où le petit train partait pour Primel et pour Plestin à compter de l’année 1914. A côté de la gare du petit train, se dresse le Viaduc. C’est en 1859 que l’empereur Napoléon III a demandé la construction d’une ligne de chemin de fer pour relier Paris à Brest en passant par Morlaix. Les travaux de construction, réalisés selon le plan des ingénieurs Fenoux et Planchat, commencèrent le 20 juillet 1861 en dépit de l’opposition du Conseil Municipal qui aurait souhaité que la gare fût située au Marc’hallac’h. L’édification du Viaduc aux quatorze arches s’acheva le 22 novembre 1863. La ligne de chemin de fer fut inaugurée le 25 avril 1865 par M. Béhic, Ministre des Travaux Publics. Le Viaduc est classé, depuis, monument historique. Le 29 janvier 1943, il fut bombardé par la Royal Air Force. Ce bombardement occasionna beaucoup de dommages : soixante-sept personnes tuées, parmi lesquelles grand nombre d’enfants de l’école Notre-Dame-de-Lourdes, sept disparues et trente-quatre gravement blessées. Cent cinquante édifices furent touchés dont vingt irrémédiablement détruits. M. Cloarec, député de Morlaix, créa en 1902 une société pour l’étude du transport de voyageurs de la Place des Otages à la gare de Saint-Martin au moyen d’un funiculaire. La gare en aurait été située à l’emplacement de la ‘Maison Le Pape’, au pied du Viaduc, côté Léon. La percée du tunnel débuta le 10 mai 1905. Les travaux ne furent cependant jamais achevés et le projet fut abandonné faute de moyens financiers. Nous voici donc au terme de notre petite visite. Beaucoup reste encore à conter sur les sites historiques si nombreux de notre commune, tant même qu’un livre entier, voire plusieurs, seraient nécessaires pour tous les décrire. Quant à nous, il est maintenant temps de conclure cette série d’articles. Notre unique désir, au travers de ceux-ci, a été de donner aux lecteurs un aperçu de la richesse de leur commune et de les inciter à la mieux connaître. Nous entamerons, le mois prochain, une nouvelle série consacrée, cette fois-ci, aux Morlaisiens célèbres. |
13 - Article paru dans Morlaix Magazine d'Avril 2007
|
14 - Article paru dans Morlaix Magazine de Mai 2007 Le 30 novembre 2005 était représentée à la MJC de Morlaix La fille aux 5 amoureux par la Commedia dell’ Are, dirigée par Pascal Péron ; il s’agissait de l’adaptation française de la pièce de Job Coat "Plac’h ar pemp amourouz", une des rares arlequinades du théâtre breton. (Paolig Combot – Skol Vreizh).
|