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de Morlaix qui a pour objectif le développement
de la langue et de la culture bretonnes sur l'ensemble du territoire.
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Morlaix autrefois


Cette rubrique est le fruit d'une collaboration entre la mairie de Morlaix et K.L.T.

Afin d'enrichir le bulletin municipal d'une rubrique en breton, K.L.T proposa ses compétences aux services municipaux concernés.
C'est ainsi que depuis plusieurs années, Patrick FAVREAU, sollicité pour mener à bien cette tâche, nous fait déambuler dans le vieux Morlaix. Sous sa plume, en français et en breton, nous découvrons chaque mois, des quartiers, des tranches d'histoire de notre vieille cité.

Bon voyage avec notre conteur et si le plaisir vous prend, vous pourrez participer aux visites guidées menées régulièrement par notre historien local.

 


1 -  Article paru dans le Morlaix Magazine de Janvier 2006


Cet article est le premier d’une série de dix où nous essayerons, à l’aide des noms bretons des rues et des places, de donner au lecteur un aperçu du Morlaix d’autrefois.
En introduction nous parlerons du coeur de la ville close : La place Allende (anciennement place des Halles) et de ses alentours. En haut de cette place se trouve la rue du Mur qui autrefois était composée de trois rues distinctes : la rue du Mur, de la rue Carnot à la rue Traverse (anciennement venelle aux Pâtés) ; la rue des Nobles, de la rue Traverse à la venelle du Château ; et la rue Saint-Yves, de la venelle du Château à la venelle aux Archers où se trouvait la porte Saint-Yves. Aujourd’hui ces trois rues n’en font plus qu’une: la rue du Mur.
Quand nous empruntons cette rue nous voyons encore, à droite, les marches qui menaient à la Collégiale laquelle était légèrement plus haute que le Kreisker de Saint-Pol-de-Léon. Le Conseil Municipal la vendit après la Révolution à un acquéreur qui l’utilisa comme carrière. Elle s’effondra en 1806 tuant 5 personnes.
Les maisons en colombage, en face de la « maison de la reine Anne », occupaient en contrebas une partie de la place qui était donc plus petite qu’aujourd’hui. En face de la Rue Traverse se trouvait la « justice » où l’on exécutait les criminels.
De l’autre côté de la place se trouve la venelle au Beurre. Le beurre était acheminé de toute la Basse-Bretagne à Morlaix pour y être travaillé puis vendu à l’export.
En bas de la place, au coin de la venelle au Beurre et de la place du Dossen se trouvait la chapelle Saint-Jacques. Deux maisons attenantes à la chapelle obstruaient le passage entre les deux places. Elles furent abattues en 1834.


      
2 -  Article paru dans  Morlaix Magazine de Février 2006


Au coin de la Grand-Rue et de la Place Allende, on voit encore la statue burlesque du Bonhomme Morlaix, courbé sous le fardeau de la vie du Morlaix d’alors, avec ses difficultés de tous ordres causées par les guerres, les impôts et les taxes . . . Ce Bonhomme Morlaix est la dernière statue du personnage que l’on pouvait voir autrefois sur de vieilles maisons aujourd’hui disparues.
Empruntons maintenant la Grand-Rue, une des plus anciennes de Morlaix qui était celle du marché aux toiles. Les tisserands, 18 lieues à la ronde, devaient y apporter leurs toiles aux marchands dont les échoppes étaient situées de chaque côté de la rue. Ces derniers les acheminaient au port pour les exporter. Ce commerce, du XVIe au XVIIIe siècle, fit la richesse de Morlaix et de sa région. C’est avec l’argent des toiles que furent construites au XVe et XVIe siècle, les “maisons à lanterne”.
Au 18 de la rue, à ce que disent certains, habitait une chambrière courageuse. Voici l’histoire qu’ils content à son sujet : En 1522, les Anglais incendièrent Morlaix pour se venger des Bretons qui en avaient fait autant auparavant à Bristol où ils avaient, de plus, coulé les navires anglais. La chambrière souleva une trappe du couloir sombre de sa maison et ouvrit une vanne pour noyer sa cave. Quatre-vingts Anglais s’y précipitèrent à cause de l’obscurité et périrent noyés sur-le-champ. Aussitôt capturée par les Anglais, la chambrière courageuse fût jetée par la fenêtre de sa maison et en mourut.
        
 
3-  Article paru dans  Morlaix Magazine de Mars 2006


A l’autre extrémité de la Grand-Rue, entre la rue du Mur et la rue du Pont-Notre-Dame, se trouvait autrefois la place du Pavé. C’était l’unique place de la ville close au XVIIe siècle. Cette place,qui n’existe plus maintenant, est devenue la rue Carnot. Autrefois, la place du Pavé était traversée par une rue étroite que l’on nommait la rue du Pavé.
Autour de cette place se trouvaient d’admirables maisons à Pondalez. Elles étaient couvertes de sculptures, telle la statue bien connue du Sonneur, que l’on peut voir encore au coin de la rue du Pont-Notre-Dame. Au pied de cette statue venait jouer la Musique Municipale au soir de la sainte Cécile. Au-dessus du Sonneur, il y avait la statue de saint Martin et, au-dessus encore, celle de saint Michel. Les deux saints étaient entourés de maintes autres sculptures, dont celles de buveurs.
Du centre de la place, on voyait trois ponts-levis qui donnaient accès à la ville : le pont Notre-Dame, derrière la mairie, enjambait le canal qui avait été creusé entre le Jarlot et le Queffleuth ; le pont de Bourret, du côté de la rue de Brest (qui n’existait pas encore à l’époque) à l’une des extrémités de la rue du Pavé ; et le pont de l’Hôpital à l’autre extrémité.
Près du pont de l’Hôpital se dressait la Tour d’Argent où l’on frappait monnaie autrefois (doubles et demi-blancs) pour les ducs de Bretagne.
La tour et les belles maisons de la place furent détruites au XIXe siècle, quand fut rectifiée et élargie la route nationale 12 reliant Paris à Brest, laquelle passait par la rue du Pavé et la rue Longue-de-Bourret.
  


4 -  Article paru dans  Morlaix Magazine d’avril 2006


De l’autre côté de la rue du Pont-Notre-Dame, une fois passé le pont, on arrivait sur une place, à l’extérieur de la ville close, devant l’ancienne mairie dont la première pierre fût posée en 1610.
La construction de celle-ci, bien qu’elle ne fût jamais achevée, avait coûté fort cher à la ville de Morlaix. En fin de compte, l’ancienne mairie servit tour à tour d’entrepôt, d’atelier, d’écurie et même de cabaret.
Au XVIIIe siècle, sur la partie de la place qui donne sur la rue Gambetta aujourd’hui, se trouvait le marché aux poissons et aux légumes. A côté, attenant à la mairie, se dressait un moulin : “Le moulin du Duc”. A l’opposé, de l’autre côté de la place, se trouvait la place aux Herbes.
En 1831, l’ancienne mairie menaçait de tomber en ruine. C’est pourquoi le Conseil Municipal acheta en 1835 le bâtiment de la poissonnerie, le moulin et ses dépendances et démolit le tout.
La construction de la nouvelle mairie fût achevée en 1843.
Autrefois, lorsqu’on pouvait encore voir les remparts de Morlaix, on voyait également couler le Queffleuth sous le pont de Bourret. Ce dernier était un pont de pierre situé entre la rue du Pavé à l’intérieur de la ville close et la rue Longue-de-Bourret à l’extérieur.
A l’emplacement de l’abri-bus, au point de jonction de la rue Longue-de-Bourret et de la rue de l’Observatoire qui n’existe plus aujourd’hui, se trouvait une grande maison à tour octogonale: l’Hôtel St-Prix.
Dans la rue de l’Observatoire se dressait le vieux théâtre fondé par M. Cadeville. Ce vieux théâtre fût vendu en 1888 quand le nouveau fût inauguré rue de Brest.
C’est cette année-là également que furent détruits l’Hôtel St-Prix et le pont de Bourret et que fût recouvert le Queffleuth pour construire une nouvelle place, la place Emile-Souvestre, en l’honneur du célèbre écrivain breton qui vécut entre 1806 et 1854.
  


5 - Article paru dans  Morlaix Magazine de mai 2006


Retournons maintenant sur nos pas jusqu’à la Place du Pavé. Autrefois, à côté de la Tour d’Argent un pont enjambait le Jarlot, le Pont de l’Hôpital. De l’autre côté de la rivière on arrivait sur la Place de l’Hôpital. C’est en septembre 1607 que fut posée la première pierre du vieil hôpital. Quelques 120 pauvres y étaient nourris en 1659. Ceux-ci causaient du souci aux Morlaisiens à qui ils demandaient l’aumône après avoir vendu le pain et la viande reçus de l’hôpital.
Un évènement tragique se produisit la nuit du 6 janvier 1731 : une bougie allumée tomba dans l’interstice d’un plancher et le feu prit dans l’hôpital et les maisons alentours. L’incendie dura plusieurs jours et réduisit en cendres l’hôpital et une quinzaine de maisons.
Jean-Baptiste-Elie de Pontcarré, seigneur de Viarmes, né à Paris en 1702 et intendant de Bretagne à cette époque, ordonna la destruction de l’hôpital et l’aménagement d’une nouvelle place appelée aujourd’hui Place de Viarmes.
D’un côté de cette place, le long du Jarlot, se trouvait le marché aux poissons, lorsque ce dernier y fut transféré derrière la mairie. Les poissons restaient alors à découvert sur des étals en pierres de taille ; aussi, en 1894, les pêcheurs et les mareyeurs demandèrent la construction d’un toit pour protéger leur marchandise des intempéries.
Quelques années plus tard le marché aux poissons fut déplacé aux halles nouvellement construites place des Jacobins. En décembre 1898 le Jarlot fut recouvert et les lavoirs détruits. On a conservé encore aujourd’hui à l’endroit le nom de rue des Lavoirs.
A côté du marché, à l’ancien emplacement des “Morlaisiennes”, se trouvait l’auditoire où étaient jugés les gens. Attenant à celui-ci se trouvait la vieille prison. Ces deux derniers édifices étaient bâtis sur pilotis car en dessous coulait le Jarlot. Une partie de ce bâtiment en mauvais état s’écroula en 1791. Les prisonniers furent alors transférés à la mairie. Quelques temps plus tard enfin, ils furent déplacés au collège de Creac’h Joly qui devint la nouvelle prison.
Au-dessus du Jarlot, au bout de la Venelle des Halles aujourd’hui - rue de la Prison à l’époque -, se trouvait un pont qu’on appelait le Pont de la Prison ou le Pont Borgne.

 


6 -  Article paru dans le Morlaix Magazine de Septembre 2006


Et nous voici maintenant de l’autre côté du Jarlot, sur la place des Jacobins. Ce nom vient de l’église et du couvent qui se trouvent sur l’un des côtés de la place.
L’église et le couvent furent édifiés entre 1238 et 1250 lorsque Pierre 1er, duc de Bretagne surnommé Pierre Mauclerc, fit don de son manoir et de ses vergers qui s’étendaient le long du Jarlot à la ville de Morlaix pour la construction d’un couvent de dominicains. Des moines de l’ordre de saint Dominique y vécurent donc jusqu’en 1481 où une congrégation de jacobins hollandais vint y prendre leur place.
C’est aussi dans le couvent que l’on logeait les gens de qualité qui venaient à Morlaix, comme Anne de Bretagne en 1503 et Marie Stuart en 1548, et c’est encore dans celui-ci encore que furent assemblés à trois reprises les Etats de Bretagne : une première fois en 1557, une seconde fois en 1674 et une troisième en 1772.
Il y avait dans le couvent une librairie remarquable remplie de livres précieux. Les gens lettrés et les savants de l’époque, comme l’hagiographe Albert Le Grand, venaient y étudier.
Au moment de la Révolution, en 1792, le haut de l’église fut séparé du bas par un plancher, le haut devenant un entrepôt public pour le fourrage et le bas une écurie.
En 1870 l’église devint les halles aux grains. Elle fut également louée à la Compagnie des Tabacs de l’Orne pour entreposer du tabac.
En 1874 on transféra la bibliothèque municipale dans la partie haute de l’église. Peu de temps après on y ouvrit un musée qui s’y trouve encore aujourd’hui.
La vie dans le couvent cessa au moment de la Révolution et le bâtiment servit de caserne pendant quelques temps.
Le couvent est le plus vieux monument de Morlaix. Il est classé monument historique depuis 1983.
En 1895 on construisit des halles au milieu de la place pour y transporter le marché aux poissons qui se trouvait auparavant rue des Lavoirs.
Autrefois, de l’autre côté de la place, se trouvait une rue flanquée de maisons de chaque côté. L’une d’entre-elles, une auberge nommée ‘Le Pélican Royal’, donna son nom à la rue qu’on appelait alors rue du Pélican.

 


7 - Article paru dans  Morlaix Magazine d'octobre 2006


Laissant derrière nous la place des Jacobins, nous continuons maintenant notre promenade le long du Jarlot. Autrefois il y avait des jardins et des vergers de chaque côté de la rivière : le jardin et le verger du couvent se trouvaient de notre côté tandis que le jardin et le verger du Prieuré se trouvaient en face, de l’autre côté. La rue de Paris n’existait pas encore à l’époque.
C’est en 1857, lorsque le Ministère de la Guerre donna une partie des terrains et des bâtiments du couvent à la ville de Morlaix, que fut construite l’allée du Poan Ben avec ses lavoirs.
D’où vient le nom de cette allée vous demandez vous ? Les Morlaisiens venaient nombreux autrefois, à la chapelle du couvent, prier Saint Avertin de les guérir de leurs maux de tête, car Saint Avertin est un saint guérisseur. C’est pour cette raison que fut donné le nom de Poan Ben à la place qui se trouvait à côté de la chapelle.
On peut toujours voir une statue du saint dans l’église Saint Melaine. Une autre statue de lui, datant du XVIe siècle, se trouvait dans la chapelle située derrière l’église Saint Mathieu. Elle est actuellement à Quimper au musée de l’Evêché de Cornouaille.
C’est en 1843 que furent édifiés, le long de l’allée, une école primaire pour les garçons, un collège, une école primaire pour les filles et une école maternelle mixte.
Le pont qui enjambe le Jarlot pour rejoindre la rue de Paris fut, quant à lui, construit en 1845.
Le collège est devenu le tribunal de Morlaix en 1894.
L’école maternelle fut ravagée par un incendie en 1981. C’est maintenant la résidence médicalisée pour personnes âgées qui se dresse à sa place.
En 1906, on construisit des bains publics, les “Bains Modernes”, au bord du Jarlot pour remplacer ceux qui se trouvaient auparavant à l’emplacement actuel du cinéma “Le Rialto”. Les “Bains Modernes” devinrent les “Bains-Douches” en 1934 jusqu’à leur fermeture en 1986.
A l’extrémité de l’allée du Poan Ben, de l’autre côté de la route de Paris, se trouve la place René Cassin où l’on mettait le linge à sécher, d’où son nom breton Ar Sec’horeg, “Le Séchoir”.

 


8 - Article paru dans  Morlaix Magazine de Novembre 2006


Une fois terminée notre petite promenade du côté du couvent des Jacobins, revenons maintenant sur nos pas en direction de la rue de Paris dont les travaux commencèrent à la fin de l’année 1835.
Au bout de la rue, se trouvait une butte, ‘dosenn’ en breton, qui donna son nom à la place du Dossen. La butte fut aplanie en 1834, année où furent abattues deux maisons pour permettre l’accès direct à la place des Halles.
Le marché aux choux avait lieu sur cette place où l’on vendait également des fruits et de la bale pour les couettes. C’est pourquoi certains l’ont surnommée ‘la place aux Petits Légumes’.
En contrebas, du côté de la Sonothèque, se trouvait un grand lavoir.
Monsieur Boulineau tenait une auberge à l'emplacement de La Buvette du Dossen. Une partie de la place était occupée par l’auberge qui fut achetée puis démolie par la ville lors de travaux d’agrandissement.
A l’époque, les Morlaisiens pouvaient voir la fumée s’échapper par la grande cheminée de la brasserie Boulineau située juste derrière.
Le beau bâtiment de l’Hôtel de Provence, contigu à la Renaissance, était alors un des grands hôtels de Morlaix. L’écurie sous l’hôtel abritait les chevaux qui en sortaient par la rue de Paris. L’hôtel était une “bonne table”, où l’on servait de grands repas comprenant plus de vingt plats. Il était réputé et des gens de renom y séjournèrent, comme Jérôme Bonaparte le plus jeune frère de l’empereur, Napoléon III en1852, l’´ecrivain Alexandre Dumas en juillet 1869, et peut être aussi Prosper Mérimée.
Tristan Corbière venait régulièrement dans l’établissement pour y faire bombance.

 


9 - Article paru dans  Morlaix Magazine de Décembre 2006


Maintenant la terre de Ploujean n’est qu’une partie de la commune de Morlaix. Cependant jusqu’au début du vingtième siècle Ploujean a été commune à elle seule. Mais déjà une partie de son territoire était considéré comme commune de Morlaix, par exemple le quartier de Troudousten et de Coatserho. Ces lieux cependant avaient des noms bretons (gardés même en français !). Ceci est facile à comprendre : selon une enquête faite en 1928 sur l’usage du breton dans les parroisses, Ploujean était “surtout breton et un peu français” en ce qui concerne les prônes et le cathéchisme.
Ploujean était à cette époque une commune rurale, un petit bourg avec église (XV-XVI), une mairie et des commerçants comme tous les petits avec des villages où vivaient des agriculteurs. Il y avait aussi des manoirs à travers toute la paroisse.
A côté de la voie express se trouve le manoir du Nec’hoat. Ce manoir avait été la propriété du Général Le Flô, né à Lesneven, ambassadeur en Russie et mort dans ce manoir (1804-1887).
On trouve maintenant le Lycée agricole auprès du Manoir de Suscinio. (XVI-XVII). Cette demeure a été achetée durant la Révolution par Charles Cornic (1731-1809) marin réputé; il y vécut et y mourut.
Autour des ruines du manoir de la Boissière on a réalisé un nouveau quartier, avec des maisons  petites et grandes et une zone d’activité et de services.
A côté de la chapelle de Sainte Geneviève, (Renaissance) se trouve le manoir de Kerozar, un lieu agréable.
Au manoir de Coatcongar, aujourd’hui centre équestre, est né le célèbre poète Tristan Corbière (1845-1875) l’auteur des Amours Jaunes.
Le manoir de Pennaru est maintenant entouré des maisons de Coatserho. Il a été le manoir de Nicolas Coatanlem, navigateur réputé. Dans ce manoir a été créée la première “manu”. Joseph Dupleix (1697-1763) y a vécu, son père étant le directeur de cette manufacture de tabacs. Ainsi le village de Troudousten s’est développé, les ouvriers y logeant.

 


10 - Article paru dans  Morlaix Magazine de Janvier 2007


Le Maréchal Foch (1851-1929), à qui on érigea un monument sur la place du bourg, venait l’été à son manoir de Trofeunteuniou. Celui-ci est occupé maintenant par une communauté de religieuses.
Un autre manoir, le manoir de Keranrous, fut construit au bord de la rivière de Morlaix à la fin du XVIIIe siècle. C’est un lieu magnifique avec un grand parc. Le cours de la rivière, au fond du manoir, a été modifié pour faciliter le passage des bateaux, car autrefois Morlaix était l’un des ports les plus animés de Bretagne.
Comme nous l’indiquions dans l’article précédant, Ploujean était une commune bretonnante. Ce fait est flagrant lorsque l’on en étudie les toponymes : Koad Serc’hoù (Le Bois des Amoureuses), Nec’hoad (Le Haut du Bois), ar Veuzid (La Boissière), Koad Kongar (Le Bois de Congar), Penn ar Ru (Le Bout de la Butte), et Trofeunteuniou  (Le Val des Fontaines), Keranrous (Le Village de Le Roux). . .
Cependant l’histoire de Ploujean ne se résume pas aux manoirs et à l’agriculture. Déjà avant la Grande Guerre, les Morlaisiens s’intéressaient aux avions. La première fête de l’aviation se tint en 1911 sur une partie de l’hippodrome. Cet emplacement fut utilisé pendant plusieurs années encore. Les premières études pour un vrai terrain d’aviation furent faites en 1931. Un terrain plat, entre le manoir de Trofeunteunioù et la route de Lannion, fut retenu. Après les travaux de réalisation qui eurent lieu entre 1933 et 1936, on procéda à son inauguration en grande pompe en 1939. En 1940, le terrain a été utilisé et agrandi par les Allemands. Le lieu est devenu maintenant l’aéroport de Morlaix avec la compagnie Brit Air et la zone de services.
En 1954 Ploujean fut rattachée à Morlaix. Toutefois, bien souvent encore, le maire-adjoint de Ploujean est appelé ’Monsieur le Maire’ ou ’Madame le Maire’, puisque c’est une femme qui occupe la fonction maintenant.

 


11 - Article paru dans  Morlaix Magazine de Février 2007


Retournons maintenant à Morlaix. Nous voici devant la mairie sur la Place des Otages. Celle-ci fut un temps la plus grande place de Morlaix. Au XVe siècle, la place était une petite île triangulaire à l’extérieur de la ville close, entourée du Queffleuth d’un côté, du Jarlot de l’autre, et, derrière la mairie, du canal creusé entre les deux cours d’eau. Là où se trouve le kiosque aujourd’hui, les deux rivières se rejoignent pour former la Rivière de Morlaix : le Dossen. Le nom de la place à l’époque était la Place de l’Eperon. La petite île et ses rives étaient utilisées comme débarcadères où les gens prirent l’habitude de venir discuter de leurs affaires. Un pont, le pont Pichon, fut construit au-dessus du Jarlot au milieu du XVe siècle pour relier la Place des Otages à la Place du Four Saint-Melaine qu’on appelait à l’époque la Place au Lait.
En 1728, les rivières furent recouvertes et la place pavée d’où le nom de Pavé Neuf qui lui fut donné alors.
En se dirigeant vers le Viaduc on remarque le kiosque qui fut offert à la ville de Morlaix par Auguste Ropars, docteur en droit et président de la musique municipale.
Quiconque sera attentif au kiosque remarquera la plaque apposée en 1973 en mémoire des otages de 1943. Le 25 janvier 1943, une grenade fut lancée depuis la rue Gambetta dans les “salons Quiviger” qui étaient, à l’époque, le ‘Soldatenheim’, le mess des soldats allemands. Plusieurs soldats furent blessés. Dès le lendemain 400 personnes furent arrêtées et rassemblées sur la place. 60 d’entres-elles furent envoyées au terrain d’aviation de Ploujean et de là au camp de la mort de Buchenwald. Seulement 27 d’entre elles revinrent vivantes de ce lieu effroyable et inhumain.
En français, la place fut baptisée ‘Grand Place’ lorsqu’elle fut agrandie jusqu’au Viaduc, puis Place Thiers le 08 février 1883, et enfin Place des Otages le 26 décembre 1973 en souvenir de cet évènement tragique.

 


12 - Article paru dans  Morlaix Magazine de Mars 2007


Poursuivons maintenant notre visite un peu plus avant en direction de l’Office de Tourisme qui était la gare du petit train auparavant. Les travaux de construction de ses lignes de chemin de fer débutèrent en 1910. Elles furent mises en service en 1912 et leur exploitation cessa en 1934. Il y avait deux lignes alors: l’une, côté Léon, passait par le Quai Léon devant la Manu et le port, par Porz-an-Trez et de là montait jusqu’à la gare de Saint-Martin; l’autre, côté Trégor, longeait la Rivière de Morlaix, traversait le nouveau pont au Dourduff pour atteindre Plouezoc’h. Là se trouvait un embranchement d’où le petit train partait pour Primel et pour Plestin à compter de l’année 1914.
 A côté de la gare du petit train, se dresse le Viaduc. C’est en 1859 que l’empereur Napoléon III a demandé la construction d’une ligne de chemin de fer pour relier Paris à Brest en passant par Morlaix. Les travaux de construction, réalisés selon le plan des ingénieurs Fenoux et Planchat, commencèrent le 20 juillet 1861 en dépit de l’opposition du Conseil Municipal qui aurait souhaité que la gare fût située au Marc’hallac’h. L’édification du Viaduc aux quatorze arches s’acheva le 22 novembre 1863. La ligne de chemin de fer fut inaugurée le 25 avril 1865 par M. Béhic, Ministre des Travaux Publics. Le Viaduc est classé, depuis, monument historique.
Le 29 janvier 1943, il fut bombardé par la Royal Air Force. Ce bombardement occasionna beaucoup de dommages : soixante-sept personnes tuées, parmi lesquelles grand nombre d’enfants de l’école Notre-Dame-de-Lourdes, sept disparues et trente-quatre gravement blessées. Cent cinquante édifices furent touchés dont vingt irrémédiablement détruits.
M. Cloarec, député de Morlaix, créa en 1902 une société pour l’étude du transport de voyageurs de la Place des Otages à la gare de Saint-Martin au moyen d’un funiculaire. La gare en aurait été située à l’emplacement de la ‘Maison Le Pape’, au pied du Viaduc, côté Léon. La percée du tunnel débuta le 10 mai 1905. Les travaux ne furent cependant jamais achevés et le projet fut abandonné faute de moyens financiers.
Nous voici donc au terme de notre petite visite. Beaucoup reste encore à conter sur les sites historiques si nombreux de notre commune, tant même qu’un livre entier, voire plusieurs, seraient nécessaires pour tous les décrire. Quant à nous, il est maintenant temps de conclure cette série d’articles. Notre unique désir, au travers de ceux-ci, a été de donner aux lecteurs un aperçu de la richesse de leur commune et de les inciter à la mieux connaître. Nous entamerons, le mois prochain, une nouvelle série consacrée, cette fois-ci, aux Morlaisiens célèbres.

 


13 - Article paru dans  Morlaix Magazine d'Avril 2007


Après une série d’articles sur le Morlaix d’autrefois, voici un nouveau cycle qui permettra aux lecteurs de découvrir, ou redécouvrir, quelques personnalités morlaisiennes qui ont marqué leur temps.
Ce mois-ci, Ėmile Souvestre, dont le bicentenaire de la naissance a été salué en 2006 par un colloque, diverses publications et une exposition au musée des Jacobins.
Né en 1806, Ėmile Souvestre passe entre Morlaix et la campagne environnante une enfance assez solitaire. Renvoyé du Collège de Pontivy pour rébellion, on le retrouve plus tard à Rennes, où il suit des études de droit et fréquente de jeunes poètes. Rêvant de gloire littéraire, le jeune homme monte à Paris et commence à écrire des pièces de théâtre. Ses racines bretonnes favorisent son intégration dans certains milieux, mais des soucis financiers, le mal du pays aussi, le font revenir à Morlaix avant de s’installer à Nantes où il devient libraire. Proche des républicains et des saint-simoniens, chrétiens progressistes, il ouvre une école de filles et s’intéresse à l’alphabétisation des milieux ouvriers. Il débute une carrière de journaliste en collaborant à plusieurs revues. Il est un temps avocat à Morlaix, toujours le besoin du retour au pays. Il fréquente alors le libraire Lédan, dont la boutique est une mine pour l’écrivain qui découvre les légendes et les traditions bretonnes. Mais la terrible épidémie de choléra de 1832 l’oblige encore une fois à quitter sa ville. Souvestre multiplie les échecs professionnels. Il publie en 1835 son premier roman, plaidoyer pour l’égalité entre les sexes. La même année paraissent Les Derniers Bretons, série d’études sur la Bretagne, qui connaît un succès considérable. Souvestre poursuit alors une œuvre littéraire abondante avec un succès grandissant. Il tient salon et reçoit Victor Hugo, Alexandre Dumas, Jules Michelet. Préoccupé par les questions sociales, il publie plusieurs œuvres militantes mais marquées par une dimension moralisatrice un peu mièvre. Investi d’une mission d’éducation populaire, il délaisse les mondanités et prend part à des lectures publiques devant des auditoires ouvriers. Ses idées républicaines l’amènent à soutenir la toute jeune république de 1848 et à se présenter aux élections législatives dans le Finistère. Candidat malheureux, il obtient cependant une chaire à l’Ecole d’Administration. Le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et l’avènement du Second Empire sont pour lui une grande désillusion. En 1853, il part en Suisse donner une série de conférences qui rencontrent un extraordinaire succès. Il prévoit d’y retourner l’année suivante, mais décède le 5 juillet 1854 dans sa maison de campagne, laissant une œuvre variée dont on redécouvre aujourd’hui tout l’intérêt.
Pour en savoir plus : Emile Souvestre, collection bleue, éditions Skol Vreizh.

 


14 - Article (rédigé par Paolig Combot - Skol Vreizh) paru dans  Morlaix Magazine de Mai 2007

Job Coat et le théâtre populaire breton

Le 30 novembre 2005 était représentée à la MJC de Morlaix La fille aux 5 amoureux par la Commedia dell’ Are, dirigée par Pascal Péron ; il s’agissait de l’adaptation française de la pièce de Job Coat "Plac’h ar pemp amourouz", une des rares arlequinades du théâtre breton.
Job Coat (1798-1858) était une figure morlaisienne ; ouvrier tabatier à la Manu, ce fut un homme de théâtre total, à la fois acteur, directeur de troupe, metteur en scène et auteur dramatique. Ce singulier personnage possède trois particularités.
Il a d’abord créé le théâtre urbain en breton, avec son concurrent, le Lannionnais Auguste Le Corre ; avant eux, les troupes traditionnelles jouaient à la campagne, sur des plateaux de charrettes. Coat donnait trois représentations par semaine, d’abord salle Guillerm (rue des Fontaines), puis salle Toussaint (place du Marc’hallac’h), puis salle de la Renaissance (place du Dossen).
Ensuite, parmi sa quinzaine d’acteurs, figuraient trois femmes, alors que, auparavant, les rôles féminins étaient tenus par des hommes ; la plus célèbre de ses actrices fut Félicité Bail qui aurait répliqué à son confesseur : " Ma fé, otro curé, petra fot dec’h ? Pé c’hoari eno, pe c’hoari er gêr !" ( Ma foi, monsieur le curé, jouer là-bas ou jouer à la maison ! témoignage et orthographe de Le Braz).
Enfin, il fut le plus prolifique des dramaturges bretons, plus de cent pièces, pour la plupart perdues : des adaptations de pièces classiques françaises (Les trois Horace), des tragédies du répertoire breton (Louis Eunius), une quantité de mélodrames français (La Tour de Nesle), et trois arlequinades, étudiées par le Hollandais Bloklander. Son public, rapporte Luzel, était constitué de paysans des environs, d’ouvriers, et surtout d’ouvrières de la Manu : n’oublions pas qu’au XIXe, Morlaix était une ville bilingue, les gens du peuple étant à peu près tous bretonnants.
Sa popularité était immense, au point que, nous dit Le Braz, lorsque Coat mourut, tout Morlaix était à ses funérailles ; avec lui disparaissait un authentique écrivain populaire breton.





 

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